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Elections kényanes : Ça (re)commence !

Ça commence ou plutôt ça recommence ! Ce qu’on craignait en effet au sujet des élections générales au Kenya est malheureusement en train de se dessiner. Vingt-quatre heures après la tenue du scrutin, les premiers signes d’une contestation postélectorale sont apparus après l’annonce de tendances lourdes par l’IEBC (Independent electoral and boundarise commission).

Selon en effet les résultats provisoires communiqués par cette commission électorale, après le dépouillement de 96,5% des bureaux de vote, Uhuru Kenyatta caracolerait en tête avec 54,32% des suffrages exprimés contre 44,8% pour Raila Odinga. Autant dire que les carottes sont cuites et que le président sortant est en passe de renouveler son bail au Kenya State House, car on ne voit pas trop comment le candidat de la coalition NASA pourrait refaire son handicap.

Il n’en fallait pas plus pour qu’il crie au hold-up électoral. « L’élection kényane de 2017 est une fraude et le piratage a affecté sa crédibilité. Ces résultats sont faux, c’est une imposture », a-t-il en effet lâché hier mercredi au cours d’une conférence de presse. Et d’expliquer le mode opératoire du hacker présumé qui serait entré dans le système informatique du fichier électoral en utilisant les codes d’accès de Chris Msando, le chef du pôle technique de l’IEBC, assassiné en fin juillet dans des circonstances non encore élucidées et dont la mort avait, il est vrai, jeté le trouble sur une élection qui sentait déjà le soufre.

Il faut croire que la mode est au piratage informatique, réel ou supposé, des élections ces derniers temps. En août 2016 au Gabon, les partisans d’Ali Bongo Ondimba avaient accusé Jean Ping de s’être attaché les services d’un pirate ivoirien qui trafiquait les données électorales. En novembre de la même année, l’ombre de hackers russes a également plané sur la présidentielle américaine. Et en France, lors de la dernière élection du président de la République, la crainte d’un phénomène similaire a également habité les états-majors des différents prétendants à l’Elysée.

Est-ce qu’il faut croire que c’est désormais la rançon du tout-électronique, dans la mesure où en la matière il n’y a pas de citadelle électronique inexpiable ? S’agissant du cas du pays de Jomo Kenyatta, faut-il donner du crédit aux graves accusations d’Odinga ou serait-ce une simple affabulation d’un mauvais perdant qui sait qu’à 72 ans et après quatre tentatives pour autant d’échecs, c’est peut-être sa dernière carte qui vient d’être grillée ? On s’impatiente en tout cas de voir les preuves de ses allégations qu’il promet d’administrer, nonobstant les vigoureuses dénégations de la commission électorale qui dit attendre les procès-verbaux de ses différents bureaux de vote pour publier les résultats officiels.

En attendant, les propos du leader de l’opposition font craindre le pire dans ce pays qui ne s’est pas encore totalement remis des violentes manifestations de 2007, consécutives justement à la victoire controversée de Mwai Kibaki et qui avait causé plusieurs milliers de morts et autant de déplacés. Plus que jamais donc, on redoute le retour des vieux démons et déjà, Kissumu, où les échauffourées ont éclaté hier, gronde de colère tandis qu’un manifestant a été tué à Mathare. De quoi faire craindre une nouvelle déflagration dont le pays, qui continue de panser ses meurtrissures d’il y a dix ans, n’a vraiment pas besoin.

M. Arnaud Ouédraogo

L’Observateur du Palaaga du 10 Aout 2017

 

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