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La dengue : une maladie à deux visages

Affection tropicale très répandue, la dengue peut être bénigne. Mais la forme hémorragique qui progresse de façon spectaculaire se révèle fort inquiétante.

Le mot « dengue » viendrait du langage africain swahili Ki denga pepo, qui correspond aux crampes douloureuses, responsables de courbatures lombaires. On compte quelque soixante-dix millions de personnes atteintes de cette maladie par an dans le monde, et, parmi elles, trente mille décès chaque année.

La dengue est due à un virus, dont il existe quatre types (tous pouvant déclencher une forme hémorragique). Ces virus sont transmis par un moustique femelle, qui vit dans les gîtes naturels (noix de coco, coquilles vides, trous dans l’écorce des arbres), ou artificiels (vieux pneus, gouttières, abreuvoirs…). Ce moustique pique le jour, mais surtout à l’aube et en début de soirée.

Contrairement au paludisme qui est rare en zone urbaine, la dengue sévit aussi bien en ville qu’en milieu rural. L’homme est le seul réservoir de la maladie.

D’une banale grippe « tropicale » à… l’infection grave

Après trois à quatre jours d’incubation, la dengue bénigne se manifeste pour une fièvre à 39°5, accompagnée de maux de tête, de douleurs, et souvent d’une éruption de taches rouges et de démangeaisons sur le thorax et la face. Souvent, à la fin de cet épisode aigu, la peau pèle. Une fatigue peut persister pendant une trois semaines, voire quelques mois.

Heureusement plus rare, la dengue hémorragique est responsable de la quasi-totalité des décès. Elle débute par les symptômes mais, au bout de trois à cinq jours, l’état général s’altère, et des signes hémorragiques (séries noires contenant du sang, saignements de nez, hémorragie sous-cutanée…) apparaissent. A ce stade, deux évolutions restent possibles : la guérison spontanée, ou l’aggravation spontanée de choc et insuffisance circulatoire. Le décès survient dans 15 à 50% de ces formes sévères.

Une épidémie qui suscite des inquiétudes

Les premiers cas de dengue hémorragique sont apparus dans les années cinquante aux Philippines. Mais depuis une quinzaine d’années surtout, cette forme sévère de la maladie progresse de façon spectaculaire à l’échelon mondial, notamment dans les pays en voie de développement, et elle représente aujourd’hui un problème de santé planétaire.

Les spécialistes pensent qu’elle surviendrait souvent lors d’une seconde infection, lorsque celle-ci est due à une souche de virus différente de la première. Il n’existe pas de traitement spécifique de la dengue.

Outre le repos, des antidouleurs et anti fièvre sont prescrits. En cas de forme hémorragique, différentes mesures (réanimation, oxygénothérapie, transfusion de sang) peuvent s’imposer. Des recherches sont en cours concernant un vaccin. Mais la présence d’anticorps vis-à-vis des autres souches, celui-ci devra protéger contre les quatre types viraux.

De premiers essais concluants ont été conduits sur des adultes et des enfants en Thaïlande, et plus récemment une expérimentation a commencé aux États-Unis sur quelques dizaines de personnes.

Le jour où un vaccin efficace sera disponible, il constituera un évènement majeur contre cette affection, classée parmi les maladies émergentes pour la variante hémorragique. Un évènement bien sur fort attendu. Annick Beaucousin.

Source : Afrique Magazine

L’Inter de Bamako du 28 Août 2017

 

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