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Edito : À quand un nouveau gouvernement ?

Le gouvernement d’Abdoulaye Idrissa Maïga est essoufflé après 16 mois de gestion, même si le chef de l’équipe respire mieux que les autres membres de l’attelage. Il est époumoné et ne répond plus aux réalités du moment. C’est un gouvernement amorphe qui ne sait pas anticiper sur les problèmes, qui refuse d’aller au charbon, qui expose de trop le président de la République, contraint lui-même de répondre à l’opposition, alors qu’un ministre, un responsable politique du RPM ou de la majorité aurait bien pu valablement riposter aux récriminations et autres mensonges distillé.

Le président de la République est une institution. C’est le dernier rempart du régime. Il doit être suffisamment protégé par les siens, afin d’éviter des erreurs et tomber dans des débats de bas niveau, de bas étage. Malheureusement, on ne voit personne qui ose brûler ses ailes pour IBK. On a l’impression que personne ne veut se mouiller pour défendre le boss. Chacun reste dans son coin pour capter les avantages dus à son poste. Disons le clairement, c’est le « chacun pour soi, Dieu pour tous ! ». Alors que l’action gouvernementale, c’est d’abord la solidarité. IBK était esseulé sur son projet de révision constitutionnelle. Rares sont les voix qui se sont exprimées dans le gouvernement pour le défendre. Même les formations politiques représentées dans l’équipe d’Abdoulaye Idrissa Maïga ne se sont pas bousculées pour le soutenir, à commencer par son propre parti, le RPM. Les Tisserands ne se sont guère mobilisés, en dehors de quelques individualités comme Mamadou Diarrassouba et Me Baber Gano. 

Le premier soutien du président doit être incarné par le gouvernement, à travers son exemplarité dans la gouvernance, ses actions positives en faveur des populations, sa bonne réaction face aux problèmes et aux incompréhensions multiples de certains gouvernés y compris l’opposition, un acteur clé de la démocratie.

Le savoir-faire et le faire savoir, il faut le dire, manquent à ce gouvernement. Il est incapable de se battre, de se défendre, même s’il a raison, a fortiori s’il a tort. Il manque de punch et de conviction. 

Un tel attelage gouvernemental ne pourra pas mener le combat de 2018 : répondre aux préoccupations des populations et réussir l’élection d’IBK pour un second et ultime mandat. Il faut le dissoudre ici et maintenant ! Sans délai ! 

L’heure a sonné pour qu’IBK pense à mettre de l’ordre dans son parti où le président Tréta et son vice-président Abdoulaye Idrissa Maïga, Premier ministre continuent à se regarder en chiens de faïence.

N’ayons pas peur de le dire, les tares congénitales du gouvernement viennent du RPM. Un parti majoritaire, qui ne sait pas gérer ses alliés, avec des répercussions au sommet de l’Etat. Résultat : la base politique du gouvernement s’est rétrécie avec l’absence du CNID, du MPR et de Yélema. Ce déficit n’a pas été comblé avec l’actuel gouvernement. Il est donc urgent de le corriger en ramenant le parti de Choguel Maïga et de Mountaga Tall au gouvernement. En y ajoutant des formations politiques de la majorité comme la CDS de Blaise Sangaré et l’APR d’Oumar Ibrahim Touré, habituées à se battre et à mouiller le maillot. 

S’il veut bien gagner, IBK doit s’appuyer sur des forces structurées, représentatives et compétitives. La foule, même si elle élit un président, ne peut pas l’accompagner dans la gestion du pouvoir. Elle ne peut pas soutenir un régime. Son action relève de l’éclat, voire du tape à l’œil. Ceux qui sont sortis à Kayes (mobilisation moyenne) et Sikasso (grande mobilisation) ne sont pas des forces politiques, organisées et convaincues par IBK. Comme des véritables caméléons, ils prennent la couleur du milieu ambiant. Aujourd’hui, ils crient IBK, demain ils feront la même chose pour un autre prince du jour.

Les électeurs convaincus sont ceux des partis politiques. C’est bien avec eux qu’il faudrait travailler et parier. Les autres sont des arrivistes et n’ont pas leur place sur l’échiquier politique.

Elhadj Chahana Takiou

Le 22 Septembre du 11 Décembre 2017

 

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