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ANC : Qui pour succéder à Jacob Zuma ?

Le congrès de l’ANC s’ouvre samedi 16 décembre à Johannesburg sur fond de grandes rivalités pour la succession de son président actuel, Jacob Zuma. Si cinq candidats sont sur la ligne de départ, cette élection est davantage perçue comme un duel entre Cyril Ramaphosa et Nkosazana Dlamani-Zuma. Le premier est l’actuel vice-président de l’Afrique du Sud et rêve de succéder à Jacob Zuma à la tête de l’Etat. A 65 ans, il a avec lui une légitimité historique certaine pour avoir été un militant anti-apartheid de la première heure, très actif dans le mouvement syndicaliste. Dans l’Afrique du Sud postapartheid, il s’est converti avec réussite aux affaires, sans pour autant quitter les arcanes de la politique qui l’ont conduit presque au sommet de l’Etat. Il voit donc en cette élection à la tête du parti majoritaire la dernière marche vers la présidence de la république sud-africaine. Réussira-t-il à transformer l’essai ? On attend de voir, non sans faire remarquer qu’il a en face un adversaire de taille : Madame Nkosazana Dlamani-Zuma.

Cette dernière est aussi un poids lourd du landerneau politique sud-africain. A 68 ans, elle a roulé sa bosse dans les structures de base du Congrès national africain (ANC), avant d’être nommée plusieurs fois ministre, entre 1994 et 2012. Sous le puissant parrainage de son ex-époux, Jacob Zuma, devenu président de l’Afrique du Sud (2009), elle est élue à la tête de la commission de l’Union africaine en juillet 2012, poste qu’elle occupera pendant cinq ans. En prélude à son ambition de diriger l’ANC et, pourquoi pas, de gouverner le pays, elle se fait élire au Parlement en septembre dernier, toujours sous le parapluie de Jacob Zuma qui ne cache pas qu’elle est son candidat préféré à sa succession. « L’Afrique du Sud est prête à élire une présidente », a-t-il publiquement déclaré.

Entre ces mastodontes de l’ANC, la lutte est âpre pour le contrôle du parti pour en être le candidat légitime à l’élection présidentielle de 2019 avec de fortes chances de l’emporter dès le premier tour si le parti reste uni. En effet, bien des observateurs voient dans les fortes rivalités actuelles entre les deux principales tendances du parti incarnées, d’une part, par Nkosazana Dlamani–Zuma, proche du président actuel et, d’autre part, par Cyril Ramaphosa, moins fidèle à Jacob Zuma, des risques d’éclatement du parti. Dès lors, les enjeux du congrès de l’ANC qui s’ouvre ce samedi vont du contrôle du parti et de sa ligne politique à la maîtrise de l’appareil d’Etat sud-africain en passant par les orientations politiques subséquentes. Il faut même ajouter que Jacob Zuma aura une retraite plus ou moins tranquille ou judiciairement agitée selon que c’est son ex-épouse qui l’emporte ou pas. En effet, cette dernière, en bonne filleule, pourrait se montrer moins regardante sur les scandales de corruption qui ont éclaboussé son parrain et ancien époux. Tout le contraire de Cyril Ramaphosa, qui se présente comme le candidat de la rupture d’avec son prédécesseur pour un renouveau de l’ANC sur l’héritage de Nelson Mandela et de Thabo Mbeki, mal géré, selon lui, par Jacob Zuma.

En tout cas Ramaphosa est plus coté, selon les analystes, dans les milieux d’affaires, qui verraient d’un bon œil son accession à la présidence sud-africaine. Les mêmes milieux sont plus circonspects sur le programme politique de Dlamani-Zuma, jugé très à gauche en même temps que son ascension à la magistrature suprême cacherait mal le syndrome de la succession dynastique : le père qui cède sa place au fils ou l’épouse qui lorgne le fauteuil présidentiel de l’époux. Cela ne fait pas très démocratique et le pays de Nelson Mandela mérite mieux que ces avatars de républiques bananières.

Zéphirin Kpoda

L’Observateur Palaaga du 15 Décembre 2017

 

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