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Force du G5-Sahel : Acculée, l’Algérie veut s’impliquer, mais à sa manière !

Il faut dire que de par sa composition, le groupe ‘’G5-Sahel’’ suscite beaucoup d’interrogations et même des inquiétudes auprès de bon nombre d’observateurs et autres spécialistes de l’antiterrorisme dans le Sahel.

Nombreux sont ceux, parmi eux, qui déplorent l’absence de l’Algérie de ce dispositif, étant donné que, c’est non seulement ce pays voisin du Mali qui a abrité le processus de négociation pour une sortie de crise, donc un fin connaisseur du dossier de la crise malienne, mais aussi c’est un secret de polichinelle que dire, ce pays qui partage des frontières avec trois des cinq pays du G5-Sahel, constitue aussi un refuge sûr pour des groupes terroristes.

C’est à juste raison qu’un de nos éminents politologues et universitaire malien fera remarquer qu’« On a comme l’impression que la France est en train de réunir ces 5 pays contre l’Algérie. A terme, le G5-Sahel aussi va échouer. Cette organisation a péché de par sa configuration. Elle devrait être créée autour de l’Algérie qui se révèle incontournable dans la lutte antiterroriste ». Ce sont là des appréhensions qui se justifient bien dans la mesure où il est de notoriété publique l’Algérie dispose d’une des armées les plus performantes et certains spécialistes militaires affirment même que c’est le pays de Bouteflika qui est la 2ème puissance militaire de l’Afrique. S’il ne se fait l’ombre d’aucun doute que la participation de l’Algérie à la force conjointe antiterroriste dans le Sahel pourrait être d’une très grande utilité pour les pays du G5, il n’en demeure pas moins que c’est l’Algérie, elle-même, qui rechigne à intégrer le dispositif et pour des raisons non avouées, donc inconnues des autres. Certains observateurs expliquent la réticence de l’Algérie à intégrer le G5-Sahel par le fait qu’elle vit comme une humiliation, sa mise à l’écart dès le début du processus de mise en place de la Force conjointe du G5-Sahel. Qu’à cela ne tienne, il n’en demeure pas moins qu’invitation lui a été faite par le Président français Emmanuel Macron lorsque celui-ci avait rassuré que « l’Algérie est la bienvenue au sein du G5-Sahel ».

Mais malgré cette invitation et cette assurance, le pays d’Abdelaziz Bouteflika rechigne toujours à intégrer ce groupe sous régional constitué du Mali, du Niger, du Burkina Faso, du Tchad et de la Mauritanie. Rappelons qu’en juin dernier, lors d’un entretien téléphonique avec Ahmed Ouyahia, alors directeur de cabinet du Président Bouteflika mais actuellement Premier ministre algérien, le Président Emmanuel Macron avait sollicité l’appui des autorités algériennes en faveur de la Force conjointe du G5-Sahel. Encore le 6 décembre courant, lors de sa visite en Algérie, le chef de l’Etat français a réitéré la même demande auprès du Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, mais sans suite. Encore l’Algérie a tout simplement brillé par son absence à la Conférence des donateurs au profit de la Force conjointe du G5-Sahel que Paris a accueillie le 13 décembre courant. Ce qui finit de convaincre du peu d’intérêt que ce pays voue aux efforts de sécurisation de la bande sahélo-saharienne.

Mais pour se dédouaner, les autorités algériennes usent de faux-fuyants pour essayer de se donner bonne conscience. Ainsi pour se démarquer du groupe des donateurs et s’abstenir de tout apport financier au profit du G5-Sahel, les autorités algériennes estiment que leur pays a suffisamment déboursé de fonds en guise de contribution à la sécurisation du Sahel. Un autre faux-fuyant dont se sert l’Algérie pour se dérober de la lutte conjointe contre le terrorisme dans le Sahel, c’est son aversion à voir le Maroc invité à participer à l’œuvre.

En effet, compte tenu de la compétence de ses services de renseignement et aussi de sa grande maitrise des dossiers de l’immigration clandestine, le Maroc a été sollicité par les partenaires des pays du G5-Sahel pour s’impliquer dans les opérations de la force conjointe. Ce clin d’œil du G5-Sahel et de ses partenaires à l’endroit du Maroc a été perçu par l’Algérie comme un sacrilège dans la mesure où elle pourrait se voir contrainte à descendre de son piédestal, non seulement dans la résolution de la crise malienne, mais aussi dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

L’Algérie voit à travers cette implication du royaume chérifien aux opérations du G5-Sahel, une politique visant à faire de ladite Force un cheval de Troie pour son éternel rival qu’est le Maroc, en ouvrant à ce dernier la voie lui permettant de s’immiscer sur la scène sahélienne et de s’installer à ses portes. C’est à se demander alors, qu’est-ce que l’Algérie redoute réellement avec l’implication du Maroc dans les opérations de la Force conjointe du G5-Sahel, étant donné que le résultat final espéré par tous, est l’éradication du terrorisme dans le Sahel ?

En tout cas si aujourd’hui les partenaires des pays du G5-Sahel sont convenus d’impliquer le Maroc au programme de la Force conjointe, c’est bien parce que l’Algérie n’inspire plus confiance du fait de sa duplicité dans la lutte antiterroriste. Comme pour se disculper de ces accusations, Alger a décidé de s’impliquer, mais à sa manière : elle ne déploiera pas de militaires sur le terrain, son appui va plutôt être logistique, plus le renseignement. Ça c’est encore mieux, non ?

A.K

Le Matinal du 10 Avril 2018

 

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