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Présidentielle malienne : Le plus dur commence maintenant

Plus de peur que de mal ! Ainsi pourrait-on dire de la présidentielle malienne du 29 juillet dernier sur laquelle planaient des menaces non seulement terroristes, mais aussi des tensions politiques consécutives à la polémique autour du fichier électoral. Polémique qui a fait craindre, à un moment donné, une remise en cause du scrutin. Finalement, le vote a malgré tout pu se tenir dans des conditions plus ou moins acceptables, malgré quelques incidents signalés çà et là, principalement dans le Centre du pays, qui a connu des saccages de bureaux de vote par des hommes armés qui s’en sont pris, par endroits, aux agents électoraux, et dans le Nord où des tirs d’obus ont été entendus, à Aguelhok, perturbant le vote sans pour autant faire de victimes, pendant que des urnes étaient brûlées par des hommes armés en certains endroits. Toutes choses qui ont conduit à l’annulation du vote dans certaines localités. Par ailleurs, on note que le vote n’a pas pu se tenir dans quelque 644 bureaux de vote dans le Centre, même si dans les grandes villes du pays, il a pu globalement se tenir dans des conditions normales.

Il faut encourager la Commission électorale à relever le défi de la proclamation des résultats dans les délais les plus courts possibles

C’est dire que malgré ces incidents signalés par endroits, l’on peut se féliciter de la tenue du scrutin dont le défi a été, peut-on dire, tout de même relevé. D’autant plus qu’il serait étonnant que la non-tenue du scrutin dans ces quelques « poches de résistance », soit un motif suffisant pour une remise en cause de l’ensemble du vote. C’est pourquoi il y a lieu de croire que la compilation des résultats qui a déjà commencé, va se poursuivre.

Et c’est maintenant que le plus dur commence ; avec cette période de centralisation et d’attente des résultats qui s’est souvent révélée une période sensible dans bien des élections sur le continent, surtout si des candidats ou leurs partisans y vont chacun de ses statistiques pour réclamer la victoire avant la proclamation des résultats officiels. C’est pourquoi il faut encourager la Commission électorale malienne à tout mettre en œuvre pour relever le défi de la proclamation des résultats dans les délais les plus courts possibles, pour ne pas laisser libre court aux supputations et autres pronostics subjectifs qui ne pourraient que pourrir davantage une atmosphère postélectorale déjà viciée par les soupçons de fraudes que certains candidats nourrissaient déjà à l’endroit du parti au pouvoir, bien avant la tenue du scrutin.

Si ailleurs, comme au Bénin, au Nigeria ou encore au Burkina Faso, par exemple, on a pu le faire dans des délais de 48 à 72 heures, il n’est pas impossible qu’au Mali, de tels délais ou presque, puissent être tenus pour éviter des polémiques inutiles. Mais à la décharge des Maliens, il y a lieu de noter qu’outre les raisons sécuritaires et les perturbations, par endroits, du scrutin, il y a des contraintes objectives comme le transport des urnes pour la centralisation des résultats, qui pourraient justifier de délais plus longs. Par exemple, pour sa présidentielle post-Transition de 2015, le Burkina s’était doté d’un logiciel de transmission des résultats par VSAT, qui avait permis, entre autres, de tenir le délai de proclamation de 48 heures, annoncé par la CENI. Sans cela, l’on imagine aisément que ce délai aurait été beaucoup plus difficile à tenir.

Il est impératif que le processus de centralisation et de compilation se passe dans la plus grande transparence

Toutefois, pour en revenir au Mali, le tout est d’éviter de jouer avec les nerfs des populations, en tardant à proclamer les résultats ; toute chose qui laisse généralement penser à des calculs politiciens malsains en vue de biaiser les résultats pour faire pencher la balance en faveur d’un candidat.

En tout état de cause, il est impératif que le processus de centralisation et de compilation se passe dans la plus grande transparence, pour que les résultats ne fassent pas l’objet de contestations. Cela, en vue d’éviter une éventuelle crise postélectorale dont nul ne saurait prédire ni l’ampleur ni l’issue. Car, c’est de la contestation que naissent généralement les crises. C’est pourquoi il y a lieu d’appeler les candidats à la retenue de sorte à éviter toute proclamation de résultats hâtive avant celles des services habilités ; ce qui ne pourrait que détériorer davantage une atmosphère déjà suffisamment délétère. Il faut, à tout prix, éviter que les djinns de la violence ne ressortent de leur bouteille. Car, si on sait généralement quand ça commence, il est moins évident de pouvoir en prédire la fin, et surtout le prix. Le Mali n’a pas besoin de ça. Car, il y a plus urgent en matière sécuritaire, surtout que les mauvais garçons du désert ont tenu à dire leur mot, dans ces élections qu’ils ne voyaient déjà pas d’un bon œil. Par conséquent, il revient aux acteurs politiques maliens d’en prendre conscience et de ne pas entraîner, pour des ambitions personnelles, leur pays sur des chemins incertains.

« Le Pays »

30 juillet 2018
Source lepays.bf

 

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