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Crise judiciaire : "La grève est un droit de valeur constitutionnelle"

La crise judiciaire au Mali dure depuis onze semaines maintenant, gouvernement et syndicats sont en bras de fer et les négociations semblent ne pas satisfaire les deux syndicats qui militent activement pour se faire entendre.Désormais jumelés, le syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) invitent le président de la République à se prononcer véritablement sur cette affaire de grève.

Afribone : Quel rôle joue concrètement les 2 Syndicats dans cette affaire de grève des magistrats ?

Hady Maky Sall, Président du SYLIMA


SYLIMA : le syndicat libre de la magistrature n’évolue pas seul, nous sommes dans ce mouvement de grèves avec le syndicat autonome de la magistrature. D’ailleurs, le QG a élu domicile au siège du Syndicat Autonome de la Magistrature. Raison pour laquelle, tout ce que nous posons comme acte est d’un commun accord.

Afribone : Où en êtes-vous avec cette grève illimitée ?
SAM : au départ, il s’agissait de la satisfaction de deux doléances pour lesquelles le gouvernement s’était engagé et jusqu’ici, ces doléances ne sont pas rise en compte, raison pour laquelle nous sommes allés en grève et elle s’est transformée en illimitée : depuis son déclenchement, nous n’avons pas eu d’écoute favorable de la part du gouvernement. Ce qui nous a incité par des voies détournées à durcir notre positions notamment, les retenues sauvages sur nos salaires.

Afribone : La grève est-elle axée sur une augmentation de salaire ?

Aliou Badra Noonan Kassé, Président du SAM


SAM :" Cette grève est axée sur deux points : le premier point concerne la sécurisation des juridictions y compris le personnel judiciaire. Cela est un point très sensible surtout que l’on sait que cela fait dix mois présentement que l’un nos collègues, un valeureux président en la personne de Nouhoun Tapily se trouve en captivité et jusque-là, nous n’avons pas de ses nouvelles. Le problème de sécurisation est récurrent et a été toujours posé par les syndicats. Il n’y a jamais été trouver de solution adéquate : lors du dépôt du préavis de grève, le gouvernement s’est engagé à mettre en place le système de mesure sécuritaire au plus tard le 30 juin de cette année. A l’expiration de cette échéance, nous avons constaté qu’au lieu de renforcer les mesures sécuritaires, rien n’avait été fait et la situation n’a fait qu’empirer.

Le second point, nos conditions salariales, devaient être revues en 2016, par le gouvernement : certes, certaines primes ont été revues à la hausse, mais pour l’essentiel, la grille salariale qui constitue l’élément majeur devrait faire l’objet d’une discussion approfondie, raison pour laquelle un émissaire a été commis par le département de la justice et l’expert ayant déposé son rapport à cet effet. "

"Le ministre de la justice a initié un projet de loi qui devrait prendre en charge nos préoccupations : malheureusement après plus d’une année d’attente ce projet de loi n’a pu être adopté par le gouvernement pour des raisons qui ne nous ont pas été communiquée et raison pour laquelle nous avons ajouté la non satisfaction de ces points à notre doléance qui est l’élément consécutif de cette grève. Ce sont donc fondamentalement ces deux points qui nous opposent au gouvernement."

Afribone : Le gouvernement a décrété le 10 octobre dernier la réquisition des magistrats, quelles est votre position face à cette situation ?

Sylima : "Nous sommes dans une grève légale, et je rappelle que la grève est un droit de valeur constitutionnelle, nous sommes dans un mouvement de grèves qui est régulier puisque nous avons déposé un préavis de grève au gouvernement, avant même de déposer le préavis, nous avons attendu plus d’une année après le dernier accord , nous avons envoyé deux lettres de rappel à monsieur le premier ministre, chef du gouvernement pour lui dire que les syndicats attendent que le gouvernement mette en œuvre l’accord intervenue entre lui et les syndicats, et lorsque nous avons commencé la grève, nous avons constaté qu’il y a eu une intoxication mal conçue par le gouvernement consistant à dire que la grève est illégale , consistant à dire que nous ne faisons pas le service minimum, en réalité, ce sont des contre-vérités."

Afribone : Que préconisez-vous comme solution face à cette crise judiciaire ?

SAM : "Nous demandons respectueusement au Premier ministre, au ministre du Garde des sceaux et au ministre de la Fonction publique de bien vouloir démissionner afin de se mettre au service de la justice et nous sommes disposés à faciliter la mise en œuvre de ces mesures.Pour la sortie de la crise , nous avons tenu une assemblée générale extraordinaire ce 09 octobre et à l’issu de cette assemblée, avons dit que nous ne comprenons pas le silence absolu du premier responsable de la magistrature qui est le président de la république, garant de l’indépendance de la magistrature, donc nous l’invitons à une certaine visibilité dans la gestion de cette crise, qu’il prenne ses responsabilités pour mettre fin à la récréation."

Maminata Coulibaly

Bamako, le 12 Octobre 2018

©AFRIBONE

 

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