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Lafiabougou : Où est passé le« mont Kilimandjaro ? »

Des eaux puantes envahies de mouches et d’asticots, le goudron presque assiégé par les déchets, une odeur pestilentielle qui coupe le souffle à des kilomètres, c’est ce à quoi sont confrontés les riverains du quartier de Lafiabougou en commune IV du District de Bamako. Ces déchets sont ceux entassés par la collecte traditionnelle des ordures ménagères résiduelles, et ce n’est pas à s’y tromper, nous sommes bien en présence du mont Kilimandjaro » de Lafiabougou.

En voie de rasage ?

Il y a de cela une année que le ministère de l’environnement et de l’assainissement et du développement durable avait entrepris un projet d’évacuation de ces tas d’ordures. Toutefois, automobilistes, motocyclistes ou piétons, nul ne peut passer par cette voie sans se protéger le nez de cette odeur nauséabonde qui est souvent cause de maladie ou même de déménagement de certains habitants dudit quartier qui ont perdu tout espoir de voir un jour disparaître ce dépotoir. Depuis peu, les autorités compétentes ont pris la résolution de débarrasser pour la énième fois, le quartier de cette gigantesque montagne d’ordures.

Cependant, certains riverains restent sceptiques et craignent que ces ordures ne réapparaissent, selon certains, même si les autorités parvenaient à ramasser toutes les ordures, certains habitants recommenceront à y récidiver : « Nous avons été contactés pour le ramassage de ces ordures afin de les évacuer à Kamalen, sur la route de Siby car cet espace servira bientôt de parking pour le cimetière de Lafiabougou.

Le ramassage de ces ordures, se fait chaque jour, de jours comme de nuits. De hier à aujourd’hui, trente-deux camions ont fait le ramassage. Mais le service a été interrompu cet après-midi à cause des altercations entre les agents de ramassage et la population de Siby », explique Mohamed Sanogo, chauffeur de camion pour l’acheminement des ordures entre Bamako et Siby.

Un nouvel espace de décharge ?

Si les riverains de Lafiabougou sont euphoriques grâce au déguerpissement inattendu de cette montagne d’ordure qui les encombrait depuis des lustres, cela n’est pas le cas des habitants de Faraba. A quelques kilomètres du cercle de Siby, le village de Faraba est la nouvelle victime de ces tas d’immondices malodorantes.

A quelques mètres de l’entrée de Kamalen, l’on peut immédiatement constater des restes d’ordures traînants sur les deux côtés de la grande voie principale reliant Faraba à Siby. Ces restes laissant imaginer la présence d’un dépôt d’ordure pas loin de leurs lieux d’habitations font l’objet de sujet de conversation de la population de Faraba qui semble mécontente de l’installation anarchique de ce dépotoir. Selon N’Gou Diakite, chef du village de Faraba, cette décharge fut implantée dans leur localité sans aucun

Ne pouvant tolérer ce manque de considération de la part des autorités compétentes, le chef du village soutenu par la population de Faraba opposa un refus catégorique du déménagement du dépotoir de Lafiabougou sur leur terre : « ces ordures n’ont pas leurs places ici, sans demander notre avis, ils viennent déverser des déchets qui risque de nous rendre malade.

Il a fallu que nous tenions tête aux agents chargés d’acheminer ces ordures à Faraba pour qu’ils arrêtent de nous polluer l’air ».

Non seulement cette décharge indispose les riverains de Faraba, mais ils craignent également que ce lieu devienne un carrefour de banditisme : dans la journée du 10 Octobre, deux frères (évoluant dans le corps militaire selon les sources locales) furent victimes d’attaques, et qui leur coûtât la vie.

Selon des témoins, les bandits se seraient cachés derrière des tas d’ordures afin d’accomplir leur crime. Chose qui encourageât encore plus la population à se liguer contre ce déménagement devenue un frein à la sécurité de leur village :« nous ne sommes pas contents de la venue de ces ordures ici ...

Non seulement ces déchets nous envahissent, mais ils serviront également de lieu de règlement de compte ! Il est trop près de nos champs et cela est dangereux pour nos animaux, ils mangent les sachets plastiques, ce qui est nuisible à leur santé ! » dit un habitant mécontent de Faraba.

Les trieurs d’ordure inquiets

‘’ Le bonheur des uns fait le malheur des autres’’ a-ton coutume de dire. Cependant , la disparition du « mont kilimandjaro » n’est apparemment pas une bonne nouvelle pour tout le monde, surtout du côté des ‘’ trieurs’’ d’ordures qui voient leur source de revenue disparaître : dame Sitan Tangara, trieuse d’ordure de son état, n’a pas manqué d’exprimer son mécontentent : « depuis plusieurs années, je pratique cette activité.

Je trie ces ordures par manque de moyens. Je ne prends que des fers et des sachets afin de les revendre pour subvenir aux besoins de mes enfants. Je vis de ces déchets et je suis très inquiète face à cette évacuation, comment survivre si les autorités décident d’évacuer définitivement ces ordures ? Mon souhait est qu’ils les laissent à leur place afin que nous puissions continuer notre activité de triage ».

Quelles solutions pour ces ordures ?

Quoi de plus normal que d’avoir envie d’un environnement sain et meilleur ? Selon des experts, le tas d’ordure de Lafiabougou contiendrait du gaz à effet de serre (le méthane). Dangereux pour l’environnement, le ministère de l’environnement et de l’assainissement et du développement durable dit mettre tout en œuvre afin que ces ordures soient très prochainement confiées à une agro-industrie spécialisée dans le recyclage de déchets.

En attendant cette ‘aubaine’’, madame Toure Djénébou, chef du service d’assainissement du quartier Bagadadji en commune III de Bamako conseille a la population de contribuer activement à l’assainissement des rues , Cela par le respect de l’environnement et en choisissant de jeter les ordures dans des poubelles au lieu des caniveaux et autres lieux publics. Cela éviterait probablement de voir naître d’autres montagnes Kilimandjaro dans nos rues.

Maminata Coulibaly

Bamako , le 15 Octobre 2018

©AFRIBONE

 

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